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Comment gérer votre syndrome prémenstruel

Dernière mise à jour : 21 août 2023



Les personnes menstruées sont les personnes qui, quel que soit leur genre, ont des menstruations/règles. Pour parler plus clairement, le fait d’avoir des règles ne signifie pas qu’une personne est une femme, et le fait d’être une femme ne signifie pas que la personne a ses règles (ou qu’elle ovule). Toutes les personnes menstruées peuvent éprouver un syndrome prémenstruel (SPM).


Dans cet article, nous passerons en revue certaines des stratégies courantes pour gérer votre SPM. Cette FAQ est divisée en trois sous-sections principales

Pour en savoir plus sur les causes du SPM, lisez notre FAQ ici.


Qu’est-ce que le SPM?

Le SPM est une condition cyclique, dont les symptômes surviennent pendant la phase lutéale (après l’ovulation) et cessent dans les deux premiers jours suivant l’arrivée des règles. Le schéma cyclique des symptômes est ce qui définit le syndrome prémenstruel et exclut différents diagnostics de santé mentale ou physique. Au cours de leur vie, 90 à 95 % des personnes menstruées dans la tranche d’âge reproductive éprouvent un SPM, 3 à 8 % éprouvant des symptômes si sérieux qu’ils ont un impact négatif sur la qualité de leur vie quotidienne (ceci étant diagnostiqué comme trouble dysphorique prémenstruel – TDPM) (*1 à *6).


Le SPM peut être déroutant, parce qu’il englobe différents symptômes physiques, émotionnels et comportementaux uniques à chaque personne, sans possibilité de diagnostic définitif en laboratoire (1 à 8). Ces symptômes comprennent notamment :

  • Sensibilité au niveau des seins

  • Maux de tête et migraines sévères

  • Envies d’aliments sucrés

  • Crampes

  • Irritabilité

  • Humeur dépressive

  • Fluctuations d’humeur sévères et intenses

  • Ballonnements

  • Acné

  • Fatigue

Suivi de votre cycle menstruel

Si votre CM est source d’inconfort cyclique, il est fortement recommandé d’effectuer un suivi menstruel quotidien pendant deux ou trois cycles (*4, *7). L’analyse rétrospective des symptômes (c’est ainsi qu’une bonne partie des données relatives au CM sont recueillies par les chercheurs) conduit facilement à oublier ou à minimiser l’intensité des symptômes et des expériences, ce qui réduit la précision des données de notre rapport. Beaucoup de gens ont souvent du mal à se souvenir de ce qu’ils ont mangé hier, sans parler de l’humeur qu’ils ont éprouvée il y a deux semaines.


Le fait d’effectuer un suivi des symptômes augmente la prise de conscience des sensations corporelles et aide les médecins à poser un diagnostic précis sur les symptômes. L’obtention d’un maximum d’informations permet d’identifier plus facilement les schémas de survenue des symptômes, et d’engendrer une approche ciblée.


De nombreuses ressources et applications de suivi du cycle menstruel vous permettent d’enregistrer un large ensemble de données (liquide cervical, règles, symptômes multiples, sommeil, humeur, activité, stress, soutien social, activité sexuelle, etc.). Grâce à des informations glanées pendant plusieurs mois, votre professionnel en soins de santé pourra vous aider à trouver des moyens de vous soulager plus facilement. Le fait d’effectuer le suivi de vos symptômes vous permet de préserver votre santé, approfondit la connexion que vous ressentez avec votre corps et votre esprit, et permet de consigner des changements importants tout au long du CM.


Voici certaines applications que je recommande (je les ai personnellement toutes essayées, et je les aime pour différentes raisons) :

  • Read Your Body

    • Essai gratuit de 30 jours. 2,50 $/mois par la suite.

    • C’est ma préférée – la plus personnalisable et la plus facile d’utilisation.

  • Clue

    • Version gratuite disponible.

    • (Clue+) Essai gratuit de sept jours (si vous vous inscrivez pour un abonnement annuel). 3,33 $/mois par la suite.

    • La plus esthétique, et facile d’utilisation également.

  • Fitbit

    • Je n’ai plus d’appareil Fitbit, mais j’utilise toujours cette application pour suivre mon CM.

    • Gratuite.

    • Très facile d’utilisation et SIMPLE.


Une autre méthode de suivi consiste simplement à utiliser un stylo et du papier.Ici et ici, vous trouverez des liens vers des fiches de suivi menstruel gratuites à imprimer que j’ai moi-même utilisées et que je recommande vivement. Elles sont particulièrement utiles si vous n’avez pas accès aux applications ou si vous préférez le faire par écrit. Avec un stylo et du papier, toutes les personnalisations sont également possibles.


Traiter votre SPM

En raison de la nature multifactorielle du SPM, il existe une grande variété d’options de traitement. La pharmacothérapie est actuellement la principale voie de traitement des symptômes du SPM dans le système de santé occidental. Cela comprend différents médicaments, tels que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et les contraceptifs oraux (8, 9). Il est important de noter que ces options de traitement ne peuvent être prescrites que par un professionnel de la santé. Des recherches plus récentes suggèrent que la thérapie combinée, c’est-à-dire les médicaments combinés aux solutions non pharmacologiques, telles que la thérapie verbale (thérapie cognitive du comportement), les changements alimentaires et nutritionnels, l’exercice et les massages, peuvent être efficaces sur les personnes qui souffrent régulièrement de SPM (8, 10).

Pour celles qui éprouvent des symptômes dépressifs intenses avant les règles, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont couramment prescrits pour soulager efficacement les symptômes en quelques semaines (*11 à 14). Les ISRS peuvent ne pas convenir à tout le monde; il est donc important de consulter votre médecin traitant pour déterminer le plan d’action qui est le mieux adapté à vos symptômes.


Des études ont également montré que la réduction de la fluctuation des hormones de reproduction par voie médicamenteuse (c’est-à-dire des contraceptifs hormonaux) et l’inhibition de l’activité des ovaires (l’ablation des ovaires, ou la prise de médicaments pour empêcher la libération d’hormones) conduit à un soulagement des symptômes du SPM (*4, *12, *15, *16). Plus précisément, l’ablation des ovaires (aussi appelée ovariectomie ou oophorectomie) n’est réalisée qu’en toute dernière option, et s’avère rarement nécessaire.


L’ingestion de suppléments de vitamines et de minéraux constitue une première mesure accessible pour soulager les symptômes du SPM (*17). En particulier, si vous n’êtes pas convaincue par les approches pharmacologiques, le fait de se renseigner sur les doses et les options en matière de vitamines et de minéraux est une excellente première étape. Il est important de consulter un professionnel de la santé de confiance avant de prendre des médicaments ou des suppléments pour traiter votre SPM, même ceux disponibles sans ordonnance!


Par exemple, il a récemment été suggéré qu’une supplémentation en vitamine D constituerait une approche prometteuse non pharmacologique pour soulager le SPM. Cependant, les études scientifiques qui montrent un effet positif de la vitamine D sur les symptômes du SPM ont montré que les participantes prenaient des doses extrêmement élevées, bien supérieures à l’apport quotidien recommandé pour être en « bonne santé » (18, 19). Ce type de dosage est prévu pour de courtes périodes (deux à trois mois), car on ne peut pas ingérer de telles quantités indéfiniment. Cette approche vise à augmenter rapidement les niveaux de vitamine D et régler toute carence éventuelle chez l’individu; cependant, même les personnes menstruées sans carence en vitamine D ont vu un soulagement de leurs symptômes (18, 19). Inversement, les études durant lesquelles les participantes prenaient une dose quotidienne typique de vitamine D n’ont montré aucun changement de symptômes du syndrome prémenstruel (18, 19). Il est important de ne pas essayer de prendre de telles doses de vitamine D sans surveillance médicale. Si vous êtes intéressée par ce type d’intervention, parlez-en à votre médecin!


Parmi les autres vitamines et minéraux qui se sont révélés efficaces pour soulager certaines personnes menstruées figurent le magnésium (Mg) et le calcium (Ca), en complément de la vitamine D (*17, 20, 21). Par exemple, le magnésium aide à normaliser les effets secondaires des œstrogènes et de la progestérone, ainsi qu’à favoriser la relaxation musculaire (en particulier en cas de crampes et de maux de tête), à améliorer la qualité du sommeil et à influencer le système nerveux parasympathique (système de repos et de digestion) (*7, *12,*17, *20, *21).


Quelle que soit la voie que vous choisissez pour soulager les symptômes du syndrome prémenstruel, il est important de parler de vos symptômes et de vos expériences spécifiques à un professionnel de la santé de confiance, afin de trouver le meilleur traitement pour mieux vous soulager. Un bon point de départ en consultant votre médecin est de discuter des symptômes récents que vous avez éprouvés et de poser des questions sur les solutions qui vous intéressent. Le meilleur moyen de soulager les symptômes du SPM est de demander à votre professionnel de la santé de vous aider à surveiller, à interpréter et à comprendre tout autre symptôme ou effet secondaire.


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* Ces sources ne précisent pas l’identité de genre des femmes qui ont participé à l’étude. L’historique de la participation nous amène à croire que seules les femmes cisgenres ont été incluses.


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Références

  1. Biggs WS, Demuth RH. Premenstrual syndrome and premenstrual dysphoric disorder. Am Fam Physician. 2011 Oct 15;84(8):918-24. Available from: https://www.aafp.org/afp/2011/1015/p918.html [Accessed 6th December 2020].

  2. Harlow S, Ephross S. Epidemiology of Menstruation and Its Relevance to Women's Health. Epidemiologic Reviews. 1995;17(2):265-286. Available from: doi: 10.1093/oxfordjournals.epirev.a036193

  3. Kwan I, Onwude JL. Premenstrual syndrome. BMJ Clin Evid. 2015 Aug. 2015;0806.

  4. Cruz JDJ, Cruz FES. Premenstrual syndrome - a short review. Obstet Gynecol Int J. 2016;5(4): 00164. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4548199/ [Accessed 6th December 2020].

  5. Eisenlohr-Moul T. Premenstrual Disorders: A Primer and Research Agenda for Psychologists. Clin Psychol. 2019 Winter;72(1):5-17. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7193982/ [Accessed 6th December 2020].

  6. Matsumoto T, Ushiroyama T, Kimura T, Hayashi T, Moritani T. Altered autonomic nervous system activity as a potential etiological factor of premenstrual syndrome and premenstrual dysphoric disorder. Biopsychosoc Med. 2007 Dec 20;1:24. Available from: doi: 10.1186/1751-0759-1-24

  7. Walsh S, Ismaili E, Naheed B, O’Brien S. Diagnosis, pathophysiology and management of premenstrual syndrome. The Obstetrician & Gynecologist. 2015;17:99-104. Available from: doi: https://doi.org/10.1111/tog.12180

  8. Ryu, A., & Kim, T. H. (2015). Premenstrual syndrome: A mini review. Maturitas, 82(4), 436–440. https://doi.org/10.1016/j.maturitas.2015.08.010

  9. Marjoribanks, J., Brown, J., O'Brien, P. M., & Wyatt, K. (2013). Selective serotonin reuptake inhibitors for premenstrual syndrome. The Cochrane database of systematic reviews, 2013(6), CD001396. https://doi.org/10.1002/14651858.CD001396.pub3

  10. Lustyk, M. K., Gerrish, W. G., Shaver, S., & Keys, S. L. (2009). Cognitive-behavioral therapy for premenstrual syndrome and premenstrual dysphoric disorder: a systematic review. Archives of women's mental health, 12(2), 85–96. https://doi.org/10.1007/s00737-009-0052-y

  11. Usman SB, Indusekhar R, O'Brien S. Hormonal management of premenstrual syndrome. Best Pract Res Clin Obstet Gynaecol. 2008 Apr;22(2):251-60. Available from: doi: 10.1016/j.bpobgyn.2007.07.001.

  12. Rapkin AJ, Akopians AL. Pathophysiology of premenstrual syndrome and premenstrual dysphoric disorder. 2012;18:52-59. Available from: doi: 10.1258/mi.2012.012014.

  13. Freeman EW. Treatment of depression associated with the menstrual cycle: premenstrual dysphoria, postpartum depression, and perimenopause. Dialogues in Clinical Neuroscience. 2002;4(2):177-191. Available from: doi: 10.31887/DCNS.2002.4.2/efreeman

  14. Shah NR, Jones JB, Aperi J, Shemtov R, Karne A, Borenstein J. Selective serotonin reuptake inhibitors for premenstrual syndrome and premenstrual dysphoric disorder: a meta-analysis. Obstet Gynecol. 2008 May;111(5):1175-82. Available from: doi: 10.1097/AOG.0b013e31816fd73b

  15. Schmidt PJ, Nieman LK, Danaceau MA, Adams LF, Rubinow DR. Differential behavioral effects of gonadal steroids in women with and in those without premenstrual syndrome. N Engl J Med. 1998 Jan 22;338(4):209-16. Available from: doi: 10.1056/NEJM199801223380401.

  16. Yonkers KA, O'Brien PM, Eriksson E. Premenstrual syndrome. Lancet. 2008 Apr 5;371(9619):1200-10. Available from: doi: 10.1016/S0140-6736(08)60527-9

  17. Parazzini F, Di Martino M, Pellegrino P. Magnesium in the gynecological practice: a literature review. Magnesium Research. 2017;30(1):1-7. Available from: doi: 10.1684/mrh.2017.0419.

  18. Arab, A., Golpour-Hamedani, S., & Rafie, N. (2019). The Association Between Vitamin D and Premenstrual Syndrome: A Systematic Review and Meta-Analysis of Current Literature. Journal of the American College of Nutrition, 38(7), 648–656.

  19. Bertone-Johnson, E. R., Hankinson, S. E., Bendich, A., Johnson, S. R., Willett, W. C., & Manson, J. E. (2005). Calcium and vitamin D intake and risk of incident premenstrual syndrome. Archives of internal medicine, 165(11), 1246–1252. https://doi.org/10.1001/archinte.165.11.1246

  20. Abdi F, Ozgoli G, Rahnemaie FS. A systematic review of the role of vitamin D and calcium in premenstrual syndrome. Obstet Gynecol Sci. 2019 Mar;62(2):73-86. Epub 2019 Feb 25. Erratum in: Obstet Gynecol Sci. 2020 Mar;63(2):213. Available from: doi: 10.5468/ogs.2019.62.2.73

  21. Fathizadeh N, Ebrahimi E, Valiani M, Tavakoli N, Yar MH. Evaluating the effect of magnesium and magnesium plus vitamin B6 supplement on the severity of premenstrual syndrome. Iran J Nurs Midwifery Res. 2010 Dec;15(Suppl 1):401-5. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3208934/ [Accessed 5th January 2021]

  22. Walsh S, Ismaili E, Naheed B, O’Brien S. Diagnosis, pathophysiology and management of premenstrual syndrome. The Obstetrician & Gynecologist. 2015;17:99-104. Available from: doi:https://doi.org/10.1111/tog.12180

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